collobrieres_ Vue_panoramique_de_Collobrières_Jartoux laurent

CHATAIGNERAIE GODISSARD

 A la rencontre d'une passion, visite d'une exploitation agricole

Je viens de recevoir une alerte cynips  à la garde Freinet  le 24 juin 2010

VOIR LA PAGE SUR LE CYNIPS AVEC LES DERNIERES INFO 5 JUILLET 2010

 

 Intervention d’Henri BREISCH, ingénieur au CTIFL sur le cynips:

Retour accueil

D'autres infos sur le cynips

 

 

Journée professionnelle du 8 octobre 2005

 

Compte-rendu de la journée professionnelle, le samedi 8 octobre 2005 à Collobrières

Les intervenants :

Madame Christine AMRANE, maire de Collobrières

Madame Béatrice LADRANGE, ingénieur du SIME Service Interdépartemental de la Montagne

et de l’Elevage des chambres d’agriculture du Languedoc Roussillon, Alès (Gard)

Madame Céline VIDAL, service régional de la Protection des Végétaux, antenne de Hyères

Monsieur Henri BREISCH, ingénieur au CTIFL de Lanxade (Dordogne)

Monsieur Eric ALTERO, agence d’urbanisme de l’aire toulonnaise

Introduction :

Cette première journée professionnelle de la châtaigneraie a débuté par le discours

d’ouverture de Madame le maire de Collobrières, Christine AMRANE qui a remercié les

différents partenaires et financeurs : le Conseil Général du Var, le Conseil Régional PACA ainsi

que le Crédit Agricole. . Elle avait pour objet de présenter le projet de réhabilitation de la

châtaigneraie du massif des Maures qui débutera par une zone pilote : la commune de

Collobrières. Madame le maire a évoqué les tiraillements connus par la famille des

castanéiculteurs ces dernières années et le nouveau départ du Syndicat des Producteurs de

Châtaigne d’Ardèche qui sera maître d’ouvrage du projet de réhabilitation. Les propriétaires de

châtaigneraies qui ne sont pas des professionnels castanéicoles auront un représentant au sein du

bureau. Madame le maire a également tenu à remercier Chantal SCHMID présidente de

l’Association castanéicole Collobrières pour sa participation à cette journée ainsi que l’agence

d’urbanisme toulonnaise qui a réalisé l’étude sur le projet de réhabilitation des châtaigneraies du

Massif des Maures. En premier lieu, la zone choisie comme pilote est la commune de

Collobrières. A ce titre elle financera l’embauche de l’animateur à hauteur de 20%. Pour la

réalisation d’un véritable projet cohérent de territoire l’ensemble des communes castanéicoles

devra être associé rapidement, à savoir les communes de Gonfaron, Pignans, les Mayons et la

Garde Freinet.

Nadine ALLIONE a ensuite rappelé que le Groupement pour le Développement de la

châtaigneraie du Var, créé en 1986, dans le but de relancer une castanéiculture oubliée avait

connu des faiblesses dans son fonctionnement. Fort de cette expérience, l’ensemble des

propriétaires et castanéiculteurs ne doit plus reproduire les mêmes erreurs que par le passé et

travailler ensemble pour faire de la châtaigneraie un vrai projet de territoire. Il s’agit de travailler à

l’échelle d’un massif plutôt que d’une commune de façon à respecter l’entité géographique. La

réussite de ce projet dépend de l’implication de tous.

Nadine ALLIONE a ensuite introduit les différents intervenants de la matinée et présenté

les thèmes de leur intervention.

1/ Le cynips du châtaignier :

a) Intervention d’Henri BREISCH, ingénieur au CTIFL :

La présence du cynips du châtaignier en Europe a été constatée pour la première fois dans

la Province de Cuneo (Piémont italien) au cours de l’année 2002. Dryocosmus kuriphilus

Yatsumatsu, hyménoptère cynipidé originaire de Chine, est considéré comme un insecte très

dangereux, c’est l’un des ravageurs du châtaignier le plus important au niveau mondial. Cet

insecte provoque la formation de galles à partir des bourgeons du châtaignier, réduisant le

développement végétatif de l’arbre et causant une réduction drastique de la fructification.

Dryocosmus kuriphilus est monophage c’est-à-dire strictement inféodé au châtaignier et se reproduit

par parthénogenèse thélytoque (uniquement des femelles).

Dans le passé D. kuriphylus a été introduit accidentellement au Japon (1941), en Corée

(1963) et aux Etats Unis (1974), provoquant des ravages importants à la castanéiculture locale. La

plupart des vieux châtaigniers au Japon ont été tués, la production japonaise n’a survécue que

grâce à des plantations massives, les variétés traditionnelles ont disparu. La première vague de

création variétale qui était initialement résistante est devenue sensible.

Dans ces pays il a été enregistré des chutes de la production de 70 à 80 % allant jusqu’à la mort

de l’arbre.

L’arrivée au Piémont de cet insecte, intervenue probablement avec l’importation de

matériel végétal infesté, représente une sérieuse menace pour la castanéiculture européenne. En

effet D. kuriphilus attaque tous les châtaigniers européens et les hybrides eurojaponais. Sa

diffusion progressive à d’autres zones castanéicoles par le vol des femelles est facilitée par la

présence continue du châtaignier dans la forêt de taillis de la zone de piémont. Mais le principal

risque provient de la circulation du matériel végétal. Dans la région infestée de Cuneo, il y a

des pépinières spécialisées qui continuent à vendre leurs plants de châtaignier dans diverses

régions européennes.

Les possibilités de lutte sont limitées. Au printemps, avant l’envol des femelles à partir des

galles, la taille des tiges contaminées suivie immédiatement de leur destruction peut ralentir le

développement de l’infestation, mais cela n’est possible que sur des arbres de dimension réduite

et au début de l’attaque. Les traitements insecticides s’avères peu efficaces, et comportent des

risques notamment pour l’environnement. Au Japon, des essais ont été faits avec des

organophosphorés qui n’ont pas donné de résultats suffisants. De nouveaux insecticides

systémiques, des néonicotinides ont également été envisagés mais présentent des dangers pour

l’environnement. Il faut intervenir soit au moment du débourrement afin d’empêcher l’extension,

soit en post-récolte pour stopper l’infestation. . Des résultats intéressants ont été obtenus avec

une couverture optimale de la végétation avec un produit à base de kaolin, il permet de limiter la

formation de galles le printemps suivant, les traitements doivent être répétés à cadence

hebdomadaire pendant l’émergence des cynipidés.

Au Japon de bons résultats ont été obtenus avec la lutte biologique au moyen de

l’introduction depuis la Chine d’un parasitoïde spécifique, l’hyménoptère calcidien Torymus sinensis

Kamijo. Au printemps la femelle Torymus sinensis pond ses oeufs dans la galle à proximité des

larves du cynips qui seront parasitées. Les chercheurs Italiens importent chaque année, depuis

2003 des galles parasitées par Torymus sinensis qui proviennent de la station d’Ibaraki au Japon.

En 2005 les galles en provenance du Japon ont été placées dans des petites boites plastiques au

frigo. Cette méthode de conservation a permis de synchroniser l’éclosion des Torymus sinensis avec

la formation des galles du Cynips. Les premiers lâchés du parasitoïde en plein champ ont eu lieu

en mai 2005 sur 3 sites différents aux alentours de BOVES.

La sensibilité des variétés est également étudiée afin de trouver les gènes de résistance et

de créer par sélection génétique de nouvelles variétés résistantes.

Au Japon une première génération de variétés résistantes avait été mise au point mais cette

résistance a été contournée par l’insecte. Une deuxième génération présente de meilleurs

résultats : Ishizuchi, Kunimi, Shihou. Aux Etats-Unis on trouve également quelques variétés

tolérantes comme l’Au-Homestead. Pour le moment en Italie la variété Bouche de Bétizac résiste,

il ne faut toutefois pas écarter le risque qu’elle devienne sensible comme ce fut le cas pour les

premières variétés résistantes japonaises.

Béatrice LADRANGE a fait part des dernières nouvelles apprises lors du séminaire

européen sur l’évolution de la lutte contre le Cynips qui s’est tenu la veille à Cuneo en Italie. Des

cas de Cynips du châtaigniers ont été découverts dans d’autres provinces italiennes, notamment

en Ombrie, en Toscane, dans le Latium, en Campanie, dans la région de Marche ainsi qu’en

Slovénie avec 4 foyers déclarés. Il s’agit de contamination par l’importation dans ces régions de

matériel végétal infesté. Il a donc été rappelé aux participants de cette journée de ne ramener sous

aucun prétexte de plants de châtaigniers, greffons ou scions d’Italie.

 

b) Intervention de Céline VIDAL, service régional de la Protection des Végétaux :

Céline VIDAL a rappelé quelques aspects réglementaires : la suppression des contrôles

aux frontières entre les pays de l’Union Européenne a conduit les Etats membres à harmoniser à

partir de 1993 leur contrôle phytosanitaire à la production et à la circulation des matériels

végétaux. Une liste d’organismes nuisibles de quarantaine a été établie par l’Union Européenne,

sur laquelle seuls les organismes considérés comme les plus dangereux et ceux non encore

disséminés dans toutes les régions ont été retenus. Le contrôle phytosanitaire ne porte que sur un

nombre limité d’espèces végétales hôtes potentiels de ces maladies. Le châtaignier fait partie de

ces espèces végétales puisque le Chancre du châtaignier a été inscrit sur la liste des organismes

nuisibles de quarantaine et que le Cynips du châtaignier est en voie de l’être. Un passeport

phytosanitaire européen (P.P.E.) accompagne les végétaux dans leur circulation entre

professionnels, garantissant que le contrôle phytosanitaire a été effectué. Doivent également

circuler avec PPE ces mêmes végétaux quant ils sont importés de pays tiers à l’Union

Européenne après leur contrôle phytosanitaire au point d’entrée. Quel que soit l’organisme ayant

réalisé la visite de l’entreprise, la délivrance des P.P.E. reste sous l’autorité du Ministère de

l’Agriculture (logo des Services de la Protection des Végétaux sur l’étiquette).

4

L’expéditeur et le destinataire y compris l’acheteur final des plants ou des végétaux

doivent chacun conserver pendant un an au moins ces documents, afin qu’en cas de problème

sanitaire la filière puisse être remontée jusqu’au producteur initial. En cas d’apparition

d’organisme nuisible, la personne l’ayant détecté doit immédiatement le signaler au Maire et au

Service régional de la Protection des Végétaux afin que les mesures de lutte soient prises par le

Ministère de l’Agriculture.

En France, un arrêté réglementant l’importation sur le territoire national de matériel

végétal châtaignier (greffons, porte-greffes, baguettes greffons, scions et plants) a été publié

au Journal Officiel du 27 février 2005. L’introduction de matériel végétal en provenance de

pays tiers de l’union européenne ou de pays contaminé par le Cynips est interdite, seule

l’introduction de matériel végétal cultivé pendant au moins un cycle végétatif complet dans un

Etat membre reconnu indemne de l’insecte est autorisée. Une déclaration d’introduction

auprès des services régionaux de la protection des végétaux est obligatoire. Celle-ci doit

impérativement mentionner les points suivants : pays d’origine, coordonnées du déclarant,

coordonnées du détenteur du matériel introduit, adresse du lieu de stockage où le matériel

peut être contrôlé, numéro d’identification complet du producteur d’origine, genre, espèce et

quantité du matériel introduit, date prévue d’arrivée du matériel sur le lieu de stockage.

Par ailleurs, toute nouvelle plantation, quelle que soit son origine, à des fins agricoles ou

forestières, doit faire l’objet d’une déclaration de plantation par l’exploitant ou le gestionnaire

auprès du service régional de la protection des végétaux du lieu de plantation dans un délai

n’excédant pas une semaine. Cette déclaration doit mentionner les références cadastrales du lieu

de plantation. Elle est obligatoire quel que soit le nombre d’arbres plantés.

Toute découverte de symptômes de contamination par le Cynips du châtaignier doit être

déclarée auprès du maire de la commune ou du service régional de la protection des végétaux.

Cette présentation a toutefois suscitée l’inquiétude des participants qui craignent que des

plants achetés dans des pays intermédiaires, aux Pays-Bas par exemple, véritable plaque tournante

de matériel végétal permettent à des plants de châtaignier italiens d’intégrer le marché français.

2/ Les techniques de remise en valeur de la châtaigneraie fruitière :

Intervention de Béatrice LADRANGE, ingénieur au SIME

Dans les Cévennes, la châtaigneraie fruitière couvrait au début du siècle dernier 35 000 ha

(Sud Lozère, Nord Gard et Nord Hérault). Ces vergers étaient complètement destinés à la

production de fruits. A partir de la seconde guerre mondiale, la production a fortement déclinée,

notamment en raison du manque d’entretien de la châtaigneraie comme en témoigne ce vieux

proverbe régional : « Sans Cévenol pas de châtaignier, sans châtaignier pas de Cévenol ». Béatrice

LADRANGE travaille depuis 1985 dans les Cévennes, elle a largement participé à la rénovation

de ces châtaigneraies laissées à l’abandon. Les variétés de châtaignes sont très nombreuses dans

les Cévennes, on en dénombre près de 130. Les parcelles étaient souvent plantées en variétés

mélangées, la rénovation par greffage a donc permis d’homogénéiser ces parcelles.

Une châtaigneraie non entretenue se dégrade, des rejets poussent au pied des

souches, ceux-ci sont toujours plus vigoureux que l’arbre greffé qui a tendance à s’affaiblir.

L’arbre pousse en hauteur pour chercher de la lumière, celle-ci est nécessaire pour que le

châtaignier produise. Cependant en développant ainsi son système aérien, l’arbre perd de la

vigueur (déséquilibre avec le système racinaire), il est attaqué par des maladies (notamment par le

5

chance de l’écorce), sa production de fruits diminue en quantité et en calibre. A terme, les anciens

arbres greffés meurent au profit de rejets de souches et d’autres espèces d’arbres, le milieu se

ferme.

Béatrice LADRANGE a présenté deux techniques principales pour remettre en état des

châtaigneraies fruitières dégradées : l’élagage sévère des anciens châtaigniers ou bien la rénovation

par greffage. Le choix d’une méthode plutôt que de l’autre doit prendre en compte à la fois le

diagnostic de la parcelle ainsi que le projet du propriétaire.

Le diagnostic de la parcelle :

Son objectif est d’évaluer le potentiel de production de la parcelle et d’identifier les

contraintes. Pour cela les éléments à observer en priorité sont l’accès, l’embroussaillement, le

pente ainsi que le nombre d’arbres greffés (critère déterminant pour l’élagage sévère), les variétés

présentes sur la parcelle, l’état sanitaire des arbres notamment la présence de chancre et d’encre et

enfin la vigueur des arbres qui se caractérise par la présence de jeunes branches.

Le projet du propriétaire :

Il s’agit de préciser le ou les objectif(s) recherché(s) par le propriétaire notamment en

terme de : - production de fruits : pour la vente en frais ou pour la transformation ;

- entretien de la châtaigneraie pour le paysage, la lutte contre les incendies, la

conservation d’un patrimoine.

- maintien de l’existant

Le choix de la technique à mettre en oeuvre est issu du croisement de ces deux éléments.

1- L’élagage sévère des anciens châtaigniers

Son objectif principal est de redonner de la vigueur à des arbres greffés anciens en voie de

dépérissement. Cette technique peut être utilisée quand les arbres anciens sont encore

suffisamment vigoureux (branches jeunes) et si la variété est intéressante. Il s’agit d’une taille

d’hiver (à partir du 15 novembre et jusqu’à début mars au moment du repos de végétation)

précise et particulière au châtaignier qui doit être réalisée par des professionnels. Une fois

l’élagage réalisé le bois doit être sorti de la parcelle. Le petit bois doit être brûlé suffisamment loin

des châtaigniers car la chaleur dégagée par le feu provoque des microfissures qui favorisent

l’installation du chancre. Le broyage est à éviter dans la mesure où les spores du chancre restent

actifs plusieurs mois après l’opération. La taille doit se faire au dessus des premières branches

jeunes et vigoureuses afin de provoquer un démarrage vigoureux des rejets. En deuxième ou

troisième année il faut remonter dans l’arbre pour sélectionner les rejets, supprimer ceux qui sont

verticaux pour ne garder que ceux qui forment un angle de 30° avec la verticale. Ce travail est à

prendre en compte dans un programme de financements. L’élagage doit porter sur une parcelle et

non pas sur un seul arbre, un arbre isolé est vite étouffé par ses voisins non élagués, en Cévennes,

l’action porte au minimum sur 20 à 25 arbres. La tronçonneuse sera désinfectée au minimum

toutes les demi-journées à l’eau de javel.

2- La rénovation par greffage du châtaignier

Cette technique permet de reconstituer un nouveau verger de châtaigniers à partir

d’anciennes châtaigneraies (taillis ou arbres dégradés). Elle permet d’introduire les variétés de son

6

choix et de réaliser des vergers homogènes. La parcelle doit être préparée en hiver et le greffage

se fait en avril-mai sur des souches sélectionnées pour leur vigueur suffisante. Trois types de

greffes sont possibles : en flûte ou sifflet, en fente et en couronne. La parcelle greffée doit être

suivie régulièrement : au moins un passage par mois afin d’assurer l’entretien du sol, vérifier

l’absence de chancre et au besoin réaliser un curetage, et afin de couper les repousses. La

rénovation ne doit pas porter sur plus d’un demi hectare, au-delà de cette surface le travail est

trop important pour être réalisé correctement.

Photo 2 : Intervention de Madame LADRANGE

3/ Visite d’une châtaigneraie entretenue :

Après le déjeuner offert par la mairie de Collobrières, les participants se sont rendus sur

une parcelle de châtaigniers de Laurent JARTOUX où il a entrepris depuis plusieurs années

divers types de rénovation. Des châtaigniers élagués sévèrement ont pu être observés ainsi que

des greffes pour la plupart en couronne, réalisées au cours des dix dernières années. L’entretien

du sol sur cette parcelle était exemplaire. Cette visite a été l’occasion pour le producteur d’obtenir

des conseils de la part des experts présents à cette journée.

4/ Réhabiliter les châtaigneraies des Maures et créer les conditions assurant leur

entretien de façon durable :

Intervention d’Eric ALTERO, agence d’urbanisme de l’aire toulonnaise

L’agence d’urbanisme de l’aire toulonnaise a été sollicitée pour la mise en place d’un

projet de développement durable. Le retour à une viabilité économique des châtaigneraies doit

être l’un des objectifs à atteindre. Son rôle de pare-feu dans la prévention contre les incendies

peut justifier une participation de la collectivité notamment pour sa rénovation, mais seul un

entretien régulier de parcelles productives permettra une gestion durable de ces châtaigneraies.

7

Le projet de réhabilitation est initié par la commune de Collobrières, qui comprend

900 ha de châtaigniers mais seulement un tiers est entretenu. Le projet dans sa phase 1, va

d’abord porter sur une zone pilote afin de définir précisément les conditions nécessaires à la

remise en culture des châtaigneraies et ainsi de pouvoir par la suite démultiplier l’expérience

notamment sur les communes voisines de Pignans, la Garde-Freinet, Gonfaron et les Mayons.

Un travail d’animation et de coordination des acteurs est nécessaire, les propriétaires et

exploitants devront faire part de leurs attentes afin de faire émerger un projet partagé. Pour ce

faire l’embauche d’un animateur est prévue dès le début de l’année 2006, dont le rôle sera avant

tout de coordonner les différentes énergies dans une démarche de projet de développement

durable. Le maître d’ouvrage de cette opération sera  un comité de pilotage précisera les

orientations du travail de l’animateur. Ce projet de réhabilitation doit être conçu par les différents

acteurs. Les financeurs de ce projet, à savoir le Conseil Régional PACA (30%), le Conseil Général

du Var (30%), la commune de Collobrières (20%), l’Etat (18%) et le CRPF (2%) imposent une

obligation de résultats. Sept missions ont donc été définies, pour lesquelles des résultats sont

attendus fin 2006.

Mission 1 : Identifier les acteurs et leur degré de motivation et réaliser une

cartographie « du possible et du souhaitable »

Il s’agira grâce à des enquêtes de repérer les parcelles de propriétaires mobilisés et prêts à investir,

le travail se fera à l’îlot. Un nombre minimum de propriétaires devra être identifié.

L’emplacement des parcelles retenues devra permettre de former des zones structurées de

production. Des solutions contractuelles d’accompagnement devront être élaborées : fermage,

convention de pâturage, etc. En fonction des résultats de ce travail d’animation foncière, un

classement de la châtaigneraie sera établi en fonction de la motivation des propriétaires.

Mission 2 : Identifier précisément les techniques de réhabilitation des parcelles

Repérage des îlots prioritaires en terme de DFCI pour créer des raccords entre les coupures

existantes. Un partenariat devra être initié avec les services compétents : ONF, DDAF, COFOR

83 et CRPF. L’objectif principal est de chiffrer les coûts de réhabilitation des parcelles.

Mission 3 : Fédérer l’ensemble des énergies locales autour du projet

Il s’agira de relancer les activités sur le thème de la châtaigne (expositions, visites, informations

par voie de presse…). Des échanges d’expérience avec d’autres régions castanéicoles pourront

être organisées.

Mission 4 : Inventaire des modes de production et de commercialisation

innovants

L’objectif de cette mission est de permettre lors de l’élaboration d’un projet d’aider les

acteurs à choisir les options de développement les plus durables. Le projet devra être viable

économiquement. Des démarches de qualité, de traçabilité, une charte de producteurs, etc.

pourront être proposées. Des activités annexes notamment le tourisme vert au travers

d’hébergement, de table d’hôtes, de circuits touristiques, de vente directe pourront être étudiées.

8

Mission 5 : Participation à l’élaboration du DOCOB Natura 2000

Une grande partie du Massif des Maures est classée en zone Natura 2000 dont la

commune de Collobrières. Pour le moment, le comité de pilotage chargé de la rédaction du

DOCOB n’est toujours pas mis en place. La participation du monde castanéicole aux débats

relatif aux enjeux environnementaux du Massif est primordiale. En intégrant la démarche Natura

2000 les propriétaires et producteurs pourront peut-être bénéficier des aides financières

européennes associées à cette démarche pour leur participation à la gestion de milieux

remarquables.

Mission 6 : Montage des dossiers et assistance au maître d’ouvrage

Réalisation de documents nécessaires au montage de projet : accord de collaboration,

charte professionnelle, etc. Cette assistance technique assurée par l’animateur aura pour but de

limiter au maximum le caractère administratif du projet.

Mission 7 : Organiser des réunions et débats

Une implication forte des exploitants est nécessaire. Ces réunions et débats auront pour

objectifs de faire émerger un projet collectif dont la pérennité devra être assurée par un nombre

pertinent d’acteurs. Le projet, issu de la concertation , pourra aller de la simple programmation de

remise en valeur à un programme complet de valorisation du produit, d’une charte réunissant

quelque propriétaires à une démarche collective vers l’obtention d’une marque de reconnaissance

de qualité.

L’année 2006 d’animation pré-opérationnelle sera donc une année cruciale, c’est en

fonction des résultats obtenus notamment le nombre d’objectifs atteints que sera décidée la

reconduction ou non du programme. Cette première année nécessite donc la participation active

de chacun : exploitants comme propriétaires.

La parole a ensuite été donnée aux participants de cette journée. Plusieurs personnes

ont contesté le fait que le projet ne porte que sur une commune : Collobrières, il a donc été

rappelé l’aspect expérimental de ce projet, qui en cas de réussite sera reconduit dès l’année

suivante sur l’ensemble des communes castanéicoles du Massif des Maures. La menace que

constitue le Cynips a également suscité des questions quant à la pertinence de tels investissements

si un ravageur vient rapidement réduire à néant le travail accompli. Une comparaison a été faite

par Béatrice LADRANGE avec le chancre de l’écorce qui menaçait la pérennité de la

châtaigneraie cévenole. Malgré les dommages causés, des efforts de réhabilitation et d’entretien

ont été faits qui ont abouti aujourd’hui à la stabilisation de la maladie et à une bonne valorisation

de la production de châtaignes. Un participant a fait remarqué qu’un projet comme celui qui leur

a été présenté lors de cette journée, présente l’énorme avantage de prendre en compte l’avis de

chacun lors de l’entretien individuel de l’animateur avec chaque propriétaire et exploitant en 2006.

Si une forte ambition collective est démontrée avec une volonté de pérenniser l’outil de

production, alors, un véritable projet de développement durable pourra être initié. Dans ces

conditions, il est fortement probable que les différents intervenants institutionnels ne verront

plus d’obstacle à participer au financement de ce projet de développement.

La première journée professionnelle de la châtaigneraie varoise s’est terminée vers 17h

 

     
(imprimer la page).  revenir à la page précédente    demande de renseignements
retour accueil galerie  photos